Tout nude

Il n’aura pas échappé à ton oeil de lynx fashionistique, lecteur chéri, que depuis que la couleur chair s’est refait une santé en se faisant rebaptiser « nude », c’est carrément moins infâmant d’en porter. La simple évocation de cette teinte délicate n’appelle plus d’images de gaines de grands-mères made in Damart mais fait plutôt rêver à des robettes vapoureuses d’un doux rose poudré.

Le retour tant attendu du printemps aidant, je me mets moi aussi à rêver de robes de fillasses. En couleur nude, what else !?

Sauf que pour porter lesdites robes, mieux vaut avoir le cuissot léger et pouvoir se passer de soutien-gorge (cherche pas , ça fait plus naturo-romantique). Or Miss Jambes Poteaux 2009, c’était moi et « Jamais sans mon soutif » c’est de moi.

Ajoutez à cela que j’ai de sérieux doutes quant à la compatibilité des fameuses teintes « nude » avec mon teint mi-cireux mi-crayeux. Oui je sais, pour Dita Von Teese on dit « diaphane » ou « laiteux » mais pour moi c’est juste « fromage blanc ». La lose. Sa race.

Du coup, tout ce qui me reste, c’est me rincer l’oeil.

Là, normalement, tu pleures sur mon triste sort.

Non ?

Pas même une larmichette ?

Lecteur adoré, laisse-moi te dire que tu n’es qu’un sale petit bâtard. Et si tu es une brindille de 1,70m, à la longue crinière naturellement ondulée et blondie par le soleil, j’ai envie de te dire : casse-toi pétasse remercie le ciel, ta mère et la Suède.

Ces trois tenues sont issues de la collection de Printemps de Pepa Karnero, disponible (et pas chère) sur LulusCloset

What’s with the stache?

I just can’t get enough, sorry. I know I should start a therapy or something.

Stache Top from Topshop, Stache Mug from Urban Outfitters, Stache Bag from Lazy Oaf, Stache Card from Lazy Oaf, Stache Crop Top from Newlook and Stache Necklace from Tatty Devine.

Questionnement existentiel

En ce bas monde, il y a beaucoup de mystères sur lesquels j’aime me pencher, réfléchir pendant des heures, élaborer des hypothèses, me perdre en conjectures. Je suis du genre intello de quartier moi, tu sais.

Et parmi les grandes interrogations de mon existence torturée, il y en a une qui me donne bien du fil à retordre.

Pourquoi diable les blogueuses mode se prennent-elles en photo les pieds en l’air ?

 

 

Une idée, une explication, une piste ? Quelqu’un ?

 

Photos, dans l’ordre, de ColourMe, Mimnor, The Cherry Blossom Girl, Mc Gallo, Coline, Eleonore Bridge et Le Monde est à Nous. Cliquez sur les images pour visiter les blogs de ces demoiselles.

Déception

Je suis un enfant. C’est la veille de Saint-Nicolas. J’ai déposé sur une assiette du pain d’épices et versé un verre d’alcool de poire pour le grand saint. J’ai aussi choisi la plus belle carotte du frigidaire pour son âne. J’ai tout disposé parfaitement sur le rebord en marbre gris de la cheminée. J’ai écrit une lettre, de ma plus belle écriture, et je me suis appliquée à faire le plus beau portrait de Saint-Nicolas avec mes crayons de couleurs. Parce que les crayons, c’est bien plus joli que les marqueurs.

Tout est prêt.

Il n’y a plus qu’à attendre qu’il arrive. Je me réjouis déjà.

J’attends. J’attends. J’attends encore.

Et soudain je comprends qu’il ne viendra pas. Qu’il n’avait sans doute jamais prévu de venir.

Ce n’est pas tant le fait de ne pas le voir qui me fait mal au coeur, c’est l’ardeur que j’ai mise à préparer cette rencontre illusoire qui me remplit de honte, cette perfection que je me suis échinée à atteindre qui me fait sentir si ridicule.

Ce n’est pas tant rater son coup (petit ou gros) qui fait mal à la gueule, c’est de voir ses efforts réduits à néant. C’est le petit film qu’on se fait dans la tête brisé en morceaux.

J’avais oublié le goût de la déception. Soudainement, voici que je m’en souviens…

I declare Love War

 

Paraît que c’est ringard de critiquer la Saint-Valentin. Que ça ce n’est plus tendance de railler les gâteaux en forme de coeur, les cartes rouges et roses aux messages dégoulinants de romantisme sucré et les vitrines décorées façon mariage de princesse.

Ah, bon. Je ne raillerai donc point.

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Sherlock, version Ritchie

Il aura fallu me traîner par la peau du séant et me promettre force pop-corn, glace et chips de manioc pour que j’accepte finalement d’aller voir Sherlock Holmes.

Alors oui, vous allez me dire « m’enfin, tu nous rabâches avec ton Robert Downey Jr qu’il est l’essence même de la coolitude et avec Londres que c’est tellement top que tu veux t’y barrer à la première occasion et puis tu veux pas aller voir Sherlock Holmes ?! »

Ben oui. Malgré tout ça, il aura fallu me forcer la main. J’ai beau adorer Londres et Robertichou, je fais une allergie aiguë à Jude Law. Rien que de taper son nom, j’en ai la nausée. Saleté de petit minet prétentieux, tête à claques numéro 1, retourne dans les bras de cette fadasse de Sienna Miller!

Hum, pardon.

Bon. En fait ça allait. Rapport qu’il avait une moustache, peut-être.

Sinon, l’histoire était plutôt bien foutue. Je me serais allègrement passée du moment où Robert et son adversaire du moment se parlent dans un français inintelligible. Merci les sous-titres allemands pour le coup (le plaisir d’aller au ciné à Luxembourg). Et puis, même si pour le coup ça collait pas mal avec l’histoire, j’en ai aussi un peu marre des héros qu’on nous présente comme sombres/losers/alcoolos/blasés de la vie/etc. Y a rien entre le Superman gnagnan et l’anti-héros limite dégueulasse?!

Je râle, je râle mais j’ai bien aimé en fait. J’ai même l’impression que Guy Ritchie est bien plus inspiré depuis qu’il a dégagé Madonna (ok, c’est elle qui l’a dégagé pour un gigolo brésilien à peine majeur. Passons sur le manque de goût de la matrone.) Puis maintenant j’ai envie de me déplacer en calèche, de m’habiller à la mode victorienne, de fumer la pipe, de retourner à Londres et d’aller boire des bières avec Robert Downey Jr.

Tout va bien donc.

Jude, fais pas cette tête de con. Et toi Robert, file-moi ta veste. Tout de suite!

Requiescat in pace

 

Thou Shall Not Wear

Ok, ça fait 1/2 plombe que je n’ai rien écrit ici. Pardon lecteur chéri !

Sache que pour autant, malgré les apparences, je ne feignasse pas en me foutant de toi comme de mes premiers slips en coton, lecteur adoré.

Loin de là.

En fait, j’ai profité de mon absence bloguesque pour accoucher d’un nouveau bébé. Il s’appelle ThouShallNotWear, il ne pèse rien, sa maman se porte bien et son papa en est plutôt fier.

ThouShallNotWear.com est né de mon envie de collecter les vêtements les plus moches et les tendances les plus nazes. Histoire de ne pas bordéliser encore plus qu’il ne l’est cet espace, j’ai choisi d’en créer un autre, dédié uniquement à mes moqueries fashionistiques.

Alors ça se passe en anglais (pas taper, pas taper !) et surtout en images par ici ! J’espère que ça vous fera (sou)rire, n’hésitez pas à me dire ce que vous en pensez.

 

 

It’s been a while since I wrote something in here. I’m sorry, dear reader !

But it’s not what you think : I’m not a lazy bitch, I’ve been busy I swear ! And I’ve been busy for you… How nice is that ?!

Time for confession : I have a new blog. I wanted a new website to show you the ugliest clothes and stupidest trends I found all over the internet (yeah, some people have strange hobbies). Cerizz.com is already a big mess so I asked my dearest geek to design and build me a new blog.

It’s called ThouShallNotWear, it’s simple, full of pictures and supposed to be funny.

It’s all in English (don’t thank me !) so… enjoy my darlings (feedback, even negative, is always welcome). Come on, just click !

Rotten Apple

At first, I thought the iPad looked like some kind of Philips digital photo frame that had sex with a Kindle DX, but now that I see this…

It was obvious ! How could I miss it?! Hahaha, in your face Turtleneck bastard!

 

Image from Digg (of course)

Adieu et merci…

Quand on a vu le jour comme moi dans une région reculée où le nombre de sapins au mètre carré dépasse de loin celui d’âmes qui vivent (encore que, si on compte les bovidés…), les divertissements destinées à la jeunesse se comptent sur les doigts d’une main qui aurait malencontreusement rencontré une scie sauteuse. En gros, quand t’es ado, tes options pour le samedi soir se résument à :

1) Aller boire un verre avec tes potes dans un des cafés pourris dont la ville recèle,

2) Aller au ciné, voir en VF des blockbusters américains ou des saletés de comédies françaises,

3) Aller au bal ou en boîte, se payer de la musique de merde et essuyer les assauts de bouseux en chaleur,

4) Aller au concert, voir des groupes locaux ou étrangers, talentueux ou pas, mais partageant une caractéristique essentielle : leur non célébrité, plus ou moins assumée selon les cas.

Je vous la fait courte, mon kif à moi c’était 1) et 4). Surtout 4) d’ailleurs. Flanquée de mes Doc râpées et toujours accompagnée de mon inséparable comparse V., j’écumais les concerts, je voyais par dizaines des groupes obscurs, buvant au passage de la bière périmée et rencontrant des personnages pittoresques. Punk, rock, ska, hardcore, métal : V. et moi ne craignions ni les pogos, ni les headbangers chevelus, ni les circle pits.

C’était il y a 10 ans. Déjà. Une putain de décennie. T’y crois, V. ?

A la même époque à peu près, parmi la kyrielle de groupes régionaux qui cartonnaient, j’ai découvert Kontre2 (prononcez « contrecarrer » comme ils disaient). C’était un groupe un peu atypique : ils avaient l’audace de faire dans le rapcore quand tout le monde dans le coin jouait du punk. Par la suite, quand tout le monde s’est mis au hardcore ou au métal, les 5 mecs de KO2 ont continué sur leur lancée, en délivrant toujours cette énergie incroyable avec une attitude pas prise de (grosse) tête. Le line-up a eu beau changer plusieurs fois, le groupe restait étonnamment fidèle à lui-même. Il ne se passait pas une année sans que je les voie sur scène et finalement, KO2, ils faisaient un peu partie de mon paysage, sans que je m’en rende vraiment compte.

Après 10 ans de bons et loyaux services, KO2 a décidé de faire ses adieux. Un dernier concert, quelques bières, des potes et on se dit au revoir.

Bien sûr j’étais là. Et beaucoup d’autres visages familiers aussi. Des gens qui à l’époque traînaient leurs baskets dans les mêmes endroits pourris et aux mêmes concerts pourris où j’usais les miennes. Hier soir, tout le monde s’était donné rendez-vous pour applaudir une dernière fois les 6 membres du groupe (je vous ai dit que le line-up avait changé souvent !). Et quand KO2 a joué ses vieux morceaux, ceux-là qui nous faisaient jumper V. et moi il y a 10 ans, je me suis sentie projetée dans le passé. Violent. La putain de madeleine de Proust.

Quand le concert s’est achevé, j’avais une drôle de boule dans la gorge. Dire adieu à KO2, c’était aussi tourner la page, dire adieu à une époque ni pire ni meilleure que celle-ci mais gorgée de souvenirs, d’enthousiasme et de délires. V. n’était pas là, dommage.

A KO2, je voulais juste dire merci, pour leur énergie, leur originalité et leur persévérance. Merci d’avoir fait partie de ma B.O. de ces 10 dernières années…

Retrouvez ou découvrez Kontre2 sur leur Myspace ou leur page LastFM !