Samedi 24 mai, 20h30, je me rue vers l’Entrepôt pour un évènement de taille : le grand retour des Arlonais de Kontre2 (pour les néophytes, prononcez « kontrecarrer »).
Après une absence de … combien déjà ? … je dirais un an environ, ces messieurs faisaient donc à leur ville natale l’honneur d’y défendre en primeur leur nouvel album. Seuls (et dignes) représentants du rapcore dans notre belle région, ils ont prouvé à tous qu’ils n’avaient rien perdu de leur énergie. Le set tourne bien et semble court, ce qui est une bonne chose : au moins on ne s’ennuie pas !
Le chant / rap sonne bien et le combo basse-batterie est toujours aussi bien en place, on ne change pas une équipe qui gagne ! La surprise viendra donc du côté des gratteux, qui, je trouve, ont osé des sonorités nouvelles et originales sur plusieurs chansons. Kontre2 a encore une fois déplacé sa petite légion de fans, des fans dont la mémoire est plutôt bonne, à en juger par leur connaissance encore fraîche des paroles de « Procès verbal d’un riche », un titre vieux de quelques années déjà…
Seul bémol à leur set (bémol tout à fait personnel ceci dit) : « Criminaliser la contestation », une chanson principalement rap que je n’apprécie qu’à moitié.
Bref, Kontre2 n’est pas simple mais bien efficace, et a parfaitement chauffé le public pour accueillir les Bulls on Parade.
Venus tout droit du nord de notre plat pays, les Bulls on Parade sont experts, comme leur nom l’indique, dans les reprises de Rage against the Machine. En effet, les Bulls peuvent se targuer d’un palmarès impressionnant, et notamment d’avoir été nominés « best tribute band » aux Los Angeles Music Awards. Je dois avouer que j’étais un peu sceptique, les groupes tribute m’ayant quasiment tous déçue jusqu’ici. Ça ne m’intéresse pas si, comme le chantait le beau Marilyn, « you’re just a copy of the imitation ».
Au bout de quelques minutes déjà, je suis forcée de reconnaître mon erreur : ces quatre messieurs sont furieusement bons, pour ne pas dire excellents ! Les musiciens sont remarquables et le chanteur a une voix qui ressemble à s’y méprendre à celle de Zac de la Rocha (c’est d’autant plus troublant que leurs physiques sont diamétralement opposés, mais bref…).
Le set est puissant, bien envoyé, le public est plus que conquis…
Tiens, le public… J’observe le public et une sensation étrange m’envahit… L’enthousiasme déchaîné que les gens ressentent devant ce groupe a quelque chose de malsain. J’ai l’impression de voir ma grand-mère entendant un tube de Tino Rossi, à cela près que son plaisir à elle a un côté vintage joliment désuet, la musique la ramène à ses jeunes années, comme une merveilleuse machine à remonter le temps. Mais les gens ce soir-là (des trentenaires au grand maximum), que cherchent-ils ? Leur excitation a quelque chose de désespéré, leur nostalgie pour Rage a un je-ne-sais-quoi de ringard.
Je quitte le concert après « Killing in the Name of », convaincue de la brio des Bulls et intriguée par la réaction des fans venus les applaudir.
Mais était-ce les Bulls ou les Rage qu’ils acclamaient ?
Pour en savoir plus :
Bulls on Parade
Kontre2