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R.I.B. – REST IN BULLSHIT

C’est marrant de voir comme la mort a un pouvoir fédérateur. Et perfectionnant. 

Mourez et tout un tas de clampins vous pleureront de conserve.

Laissez échapper votre dernier souffle et déjà une auréole apparaîtra au dessus de votre tête déjà figée.

Et si vous êtes un tant soit peu connu, c’est jackpot. Autour de votre cadavre se réuniront des foules éplorées, se lamentant sur la perte de votre immense bonté / talent / grandeur / génie (ne rayez pas la mention inutile, une fois encore il n’y en a pas). 

Cette hypocrisie qui entoure la mort me fait gentiment sourire. Un con, même mort, reste un con. Un bon, même mort, reste un bon. Ni l’un ni l’autre ne deviennent un saint ou un génie par l’effet de la grande faucheuse. Que les choses soient claires. Ce n’est pas une question de respect des défunts mais de simple honnêteté.

Mon coeur s’est arrêté, encensez-moi.

Ma peau est devenue froide, jetez-vous au sol en pleurs sur le passage de ma dépouille.

Le sang s’est figé dans mes veines, élevez-moi un autel et sacrifiez-moi de jeunes vierges.

Hahahahaha ! Quelle bonne blague…

Quand je vois des fans du défunt Roi de la pop (dont je reconnais le talent, hein, rangez ces pierres que vous vous apprêtiez à me jeter !) confesser à la télévision qu’ils n’ont pas cessé de pleurer depuis qu’ils ont appris la macabre nouvelle, quand je vois leur tristesse hystérique, quand je les entends dire que leur monde s’est écroulé, je suis partagée entre l’envie de leur exploser le nez d’un coup de poing bien envoyé et celle de leur rire au nez (très nasales, mes réactions, notez au passage). 

J’espère seulement que :

1) soit ce sont des larmes purement « médiatiques », pour faire joli à la télé.

2) soit ces gens auront la décence de se faire harakiri lorsqu’un de leur proche viendra à disparaître.

Moi par exemple, pour parler de ce que je connais, j’aime profondément Thom Yorke. A mes yeux, c’est un pur génie, qui a révolutionné ma vision de la musique. Il me fascine, m’enchante, m’émeut. S’il mourait demain, ma déception serait grande de ne plus pouvoir découvrir de nouvelles composition de son cru. Mais ça s’arrêterait là.

Perdre un proche par contre, c’est être submergé par une vague de douleur dont on ne pouvait imaginer la violence avant de se la manger en pleine face. C’est avoir envie de s’arracher le coeur chaque minute qu’on passe en l’absence de l’autre décédé. C’est être capable de tout, même du pire, pour voir le défunt chéri se relever d’entre les morts. C’est être privé d’une partie de soi, comme amputée à vif. C’est avoir en soi, tout le temps, une blessure surinfectée qu’un simple mot rouvre à coup de cutter rouillé.

Et ça n’a rien à voir. Croyez-moi…

muertos

PS : Je voudrais dédier ce post à la mémoire de Steven Wells et de Richard Marsh (aka Sky Saxon). Leurs récentes morts sont passées bien trop inaperçues, une injustice à leur talent…

PPS : As usual, vous trouverez mon avis sur les nouveaux bébés de Gossip, Black Eyed Peas et La Roux par ici.

2 COMMENTAIRES

  1. kikizita dit :

    Mais j’en dis, of course ! C’était quand même un sacré con ce Jackson, entre ses délires sur la thune, sur le corps, sur les petits garçons, y’a pas de quoi l’encenser. C’est un peu comme Bongo en fait, mais dans un autre registre… (puisque Bongo il ne faisait pas de la pop avec les morts vivants, mais que tout le monde a fait genre, on paie sa petite larme, alors que c’est un sacré salaud).
    Allez, allez…

  2. Cerizz dit :

    Ca y est, maintenant j’imagine Omar Bongo faire du moonwalk et je suis morte de rire… Bravo Kikizita ! :-)

QU'EN DITES-VOUS ?