IN THE HANDS OF TIME, WE ALL WILL DIE
Revoilà la Toussaint, son habituelle tournée des cimetières qu’on fleurit à grand renfort de bruyères et de chrysanthèmes, avec le vent glacé qui s’engouffre sous les manteaux. Réjouissant, n’est-il pas ? S’il n’y avait que ça, passe encore… Mais c’est surtout la période maudite où je me mange le passé en pleine tronche, et pas dans ce qu’il a de plus réjouissant. Au lieu de me souvenir avec bonheur des bons moments, je vois hier comme une foule de minutes que j’ai vainement laissé glisser entre mes doigts, un temps précieux dont je n’avais pas conscience. Une porte à jamais fermée que j’aimerais tellement rouvrir. Il fait noir, déjà. J’aimerais que la nuit me happe, m’avale, me digère toute entière. Mais rien ne se passe. Je reste là, presque impassible, et le temps vole toujours. J’ai beau essayer, je crois que je n’arriverai jamais à le retenir…

It’s All Saints’ Day again… Let’s visit cemetaries again, put flowers on the graves and feel the freezing wind. So funny, isn’t it ? But it’s not the worst part… It’s the time when I can’t stop remembering the past and I swear it hurts like hell. I feel like yesterday was full of happiness and I didn’t fully enjoy it, I just let the minutes fly. Like I wasn’t conscious that it was a blessed, precious time. Now I can’t go back, even though I want it so bad. Now it’s already dark outside. I wish the night would take me, eat me alive, make me disappear. But nothing happens. I’m still here and time is still flying. It’s no good trying, I just can’t stop it and even less turn back time…





