Selon les jours et mon degré de spiritualité dans l’humeur, je vous dirais soit que quand le bon dieu distribuait la patience je suis arrivée en queue de peloton, soit que c’est la faute à ma mère qui a oublié de m’en fournir en fin de fabrication. Mais soit, vous avez saisi l’idée. Ceci dit, ma patience mérite une définition : je peux vous faire un puzzle « coucher de soleil sur Hawaï » sans m’énerver sur les innombrables pièces de sable blanc, mais par contre si vous me mettez dans une file de plus de 2 personnes je pète un câble dans la seconde. (note pour nos amis français : une file en belge, c’est ce que vous appelez une queue mais moi l’expression « faire la queue », désolée je peux pas)
Cette impatience maladive a des conséquences sur ma vie pratique : je ne fais jamais les soldes, je fais mes achats de Noël au moins 1 mois à l’avance, je fais mes courses à des heures atypiques, etc.
Là où les choses se corsent, c’est quand je ne peux pas éviter ces fameuses files infernales…
Exemple pratique : l’expédition du jeune chômeur inexpérimenté qui doit signaler aux autorités compétentes que son entreprise a malheureusement fait faillite. Passez par la case Forem-syndicat-mutuelle (ce qui équivaut à la case prison) et rentrez chez vous sans passer par la case départ ni toucher les 1000€.
Je hais l’accumulation de gens, leurs conversations débiles à volume inadéquat, leur musique merdique que vomit un haut parleur de portable pourrave et dans le pire des cas le mélange de leurs odeurs corporelles nauséabondes ou leurs enfants mal élevés.
Et là, dans ma tête (pas tout haut bien sûr, je respecte autrui moi), je me refais Trust et son hymne tant chéri « Antisocial »…
Au milieu de la foule qui se presse, bruyante et puante, j’ai une révélation : je sais enfin quel super pouvoir j’aimerais avoir. Le pouvoir de transformer les files en piles !
Pour ceux qui n’auraient pas été attentifs au cours d’introduction à l’informatique (ah, que j’ai kiffé ce cours ! J’y ai appris des tonnes de trucs inutiles mais ô combien jouissifs, du genre que si je devenais strip-teaseuse, je prendrais comme nom de scène « Ada Lovelace ». Mais bref, c’est une autre histoire), je vous réexplique. Les files, c’est comme quand vous allez à la Poste, le dernier entré est le dernier servi et donc le dernier sorti (first in – first out ou FIFO pour les intimes). Les piles par contre, c’est comme quand vous rangez vos assiettes dans le placard : la dernière que vous rangez est en haut de la pile et sera donc la première à être utilisée – sauf si vous êtes une sorte de maniaque qui effectue une rotation des stocks sur sa vaisselle mais bon, passons – (last in – first out ou LIFO).
Sachant cela, imaginez donc Super Cerizz qui arriverait au Forem bondé : en un claquement de doigts, l’ordre établi s’inverse et, dernière arrivée, je suis la première servie ! Ensuite, je me casse, sourire ultrabrite aux lèvres, au nez et à la barbe de tous les autres coincés dans leur file.
Ahhhh, l’informatique est une source infinie de rêves, je vous le dis !
Faut que vous laisse, ça va être à mon tour là…
